Violences faites aux femmes : "des pas en arrière dans plusieurs pays" en Europe

Violences faites aux femmes : "des pas en arrière dans plusieurs pays" en Europe

Faire adhérer l'Union européenne à la Convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes, c'est une "priorité clé" de la Commission européenne. Cette annonce a été faite ce jeudi à l'occasion de la journée internationale contre les violences sexistes.

Dans le contexte de la pandémie, une spécialiste de la question souligne la difficulté de ce combat et l'inertie de nombreux Etats. Eva Fodor est professeure d'études de genre à l'Institut pour la démocratie de l'Université d'Europe centrale.

"Les violences augmentent avec la pandémie"

"Je crois que nous ne pouvons pas en faire assez pour protéger les femmes contre la violence, surtout dans un contexte où ce type de violence augmente en raison de la pandémie et, encore une fois, surtout dans un contexte où beaucoup de gouvernements refusent d'agir avec force", dit-elle.

Adoptée en 2011 par le Conseil de l'Europe, la Convention d'Istanbul est le premier traité international à fixer des normes juridiquement contraignantes. Mais le texte est aujourd'hui contesté dans plusieurs états conservateurs.

"Certains pays ont fait un pas en arrière. La Hongrie, la Pologne et la Turquie en sont des exemples. Le gouvernement hongrois a également refusé de ratifier la convention d'Istanbul, la Pologne s'est retirée" précise Eva Fodor.

"La Convention d'Istanbul est un instrument juridique complet et puissant pour prévenir et combattre les violences fondées sur le genre et les violences domestiques, et protéger les victimes", a déclaré la Commissaire à l'Egalité Helena Dalli au Parlement européen à Strasbourg.

Une directive européenne en 2022

La Commission européenne est bien décidée à présenter dés le début de l'année prochaine une directive pour lutter contre les violences faites aux femmes, et ce malgré la mauvaise volonté de certains comme la Hongrie.

"Le gouvernement hongrois n'a pas fait grand-chose pour améliorer l'égalité entre les hommes et les femmes. En effet, le gouvernement refuse de reconnaître le concept de genre et affirme que c'est l'une des raisons pour lesquelles il a également rejeté la convention d'Istanbul. Ils affirment qu'il n'y a pas de différence de genre, qu'il n'y a qu'une différence biologique entre les hommes et les femmes, et ils utilisent cette excuse pour ne pas approuver les mesures de l'Union européenne en matière d'égalité des sexes et pour ne pas mettre en place d'autres réglementations qui pourraient protéger les femmes" explique la sociologue.

Dans l'Union européenne, environ 50 femmes meurent chaque semaine à la suite de violences domestiques, selon des données du Parlement européen.